Shah Abir et l'art de manifester ses hipposandales.
- Nolwenn BAUCHOT
- La sagesse des chevaux
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Abir a toujours eu les pieds sensibles sur les sols durs et caillouteux. Quand il a débarqué dans ma vie, il y a plus de 10 ans, il était ferré des antérieurs. Mais comme il est arrivé avec la maladie de lyme (taux d'infection maximal), sans parler de toutes les problématiques de comportement, je l'ai déferré puisqu'il restait au pré et n'avait pas de soucis sur l'herbe. Lors des sorties extérieures à pied, il allait naturellement chercher le moelleux du bas côté, et ça se passait bien comme ça.
Puis en parallèle de l'equicoaching, Abir a repris le travail à pied dans mon rond en herbe. Ainsi que quelques balades où nous évitions soigneusement les cailloux. Je ne pensais pas le referrer vu le peu de sorties que nous faisions et je n'avais certainement pas conscience de son inconfort.
En arrivant dans une écurie de sport 4 ans plus tard, aux infrastructures de qualité, j'ai vu Abir apprécier le sol de la carrière. Dès qu'on arrivait sur le sable, il mâchouillait de contentement en commentant "J'aime bien le tapis".
Et c'est sur ce sol que nous avons repris le travail sous la selle avec beaucoup de concentration, de progression, de qualité dans la relation. J'ai pris conscience que les perturbations créées auparavant par les sols durs et irréguliers étaient un vrai problème pour lui. Habiter une écurie avec des chemins lisses, des infrastructures au sol de qualité et parfaitement entretenues, lui apportait un réel confort et de la motivation pour le travail équestre.
Nous partions beaucoup moins en balade ou seulement sur des terrains herbeux, mais chaque caillou rencontré pouvait causer de l'inconfort à mon destrier et il m'a demandé des Hipposandales il y a deux ans maintenant. Il m'a envoyé une image et au cas où je n'avais pas bien saisi l'information... Mon mur Facebook a commencé à me montrer régulièrement les hipposandales "Flex Hoof Boots". Personnellement je n'y connaissais rien et côté budget ce n'était pas ma priorité, alors ... ça a trainé.
J'ai regardé sur le site, je ne comprenais pas comment prendre les mesures, c'était en plusieurs morceaux, avec des tailles de chaussures, de lanières, de guêtres. Vraiment je me sentais incapable de passer commande.
J'ai essayé de réserver des séances de bootfitting car j'avais besoin des conseils d'un professionnel et d'être rassurée sur le choix de mon cheval. Et oui un cheval qui choisit un produit qu'il n'a jamais vu en vrai et qui vous l'envoie par télépathie c'est un peu "gros". Même s'il n'en est pas à son premier exploit du genre.
Bref les dates pour les workshops bootfitting ne collent pas, mon maréchal n'arrive pas à prendre les mesures (pas le temps, pas de réglet, peut-être pas trop la motivation non plus), j'ai plusieurs accidents ces dernières années, le budget s'envole... rien n'est fluide... j'abandonne l'idée.
... Mais pas Abir... Il veut ses hipposandales. Et il veut un podologue en particulier ! ( qui n'exerce pas en Bretagne sinon ce serait trop simple)! J'essaye de trouver un lieu dans le 44 pour emmener mes chevaux afin qu'ils soient parés et que l'on puisse enfin connaître au minimum les mesures correctes avant de passer commande. Abir évolue beaucoup sous la selle et très bien, de son point de vue il mérite ses nouvelles chaussures et il se réjouit de pouvoir nous emmener en balade ( nous = moi et Jubiloso en dextre).
Au mois d'Août les chevaux se préparent à aller en stage avec une cavalière car je suis blessée et de nouveau, je ne trouve personne pour les parer... Les podologues ne rappellent pas, ou ne prennent plus de nouveaux clients, bref je sens bien que ça bloque et que Abir fait de la résistance car il veut "Seb" le podologue du 44 (qu'il n'a jamais rencontré, mais il connaît plusieurs chevaux qui sont suivis par lui et les chevaux parlent entre eux vous savez...).
En désespoir de cause je recontacte le fameux "Seb", et là premier miracle ! Il doit venir en Bretagne le week-end suivant et accepte exceptionnellement de venir parer mes chevaux. Je suis soulagée, Abir très content de lui évidemment, me souffle de ne pas oublier les mesures des hipposandales. Le podologue arrive avec une immense remorque bâchée derrière son véhicule. Je lui demande en rigolant ce qu'il y a dedans... Et là deuxième miracle ! Je vous le donne dans le mille ! Des centaines d'hipposandales de toutes marques. Je lui demande donc son avis par rapport aux pieds d'Abir, de la pertinence de ce type de produits pour ses sabots et s'il accepte de prendre les "fameuses" mesures.
Résultat on improvise une séance de bootfitting. Les pieds de mon Pégase n'ont pas du tout une forme classique et il n'est pas sûr d'avoir de chaussures pouvant correspondre à ses mesures. Il consulte son classeur aux 300 références et rien ne peut convenir, rien sauf... tout à la fin du fichier une sorte d'hipposandales souples, légères et utilisables en carrière de la marque "Flex Horse". J'ai souri intérieurement.
Abir m'a évidemment fait remarquer que j'aurais pu l'écouter dès le début... mais il m'aime quand même. Ouf !
Il y a des moments où les résistances lâchent et tout devient fluide. Mon cheval guide a très très souvent raison. Et il a manifesté le budget dans la foulée. Donc le voilà équipé.